Conseil municipal du 5 octobre 2020

Soirée en conseil municipal avec mes deux collègues du groupe « Aimer Nanterre », l’occasion de pouvoir poser une question au maire sur le sujet de l’utilisation du gaz dit « proto ».

Toujours présent pour représenter les nanterriens !

Ma question orale au maire :

Monsieur le Maire, chers collègues,

L’usage détourné du protoxyde d’azote, phénomène connu depuis longtemps, frappe de plein fouet notre ville depuis plusieurs mois, et touche une tranche vulnérable de nos jeunes, en l’occurrence la tranche des 10-20 ans ce qui correspond au spectre des collégiens, lycéens et étudiants. Ces derniers en font un usage récréatif, souvent abusif et répété avec des risques graves pour leur santé.

La manifestation extérieure de cette recrudescence du phénomène, repose de manière objective, sur la multitude de capsules de couleur argentée et de ballons de baudruche qui jonchent le sol de nos rues, en particulier dans les parcs. Parfois, ce sont des bonbonnes bleues de grande contenance de plusieurs litres qui sont retrouvées sur la voie publique. Il s’agit d’indicateurs visibles, très alarmants sur cette consommation exponentielle très largement sous estimée.

Consommé par inhalation, le protoxyde d’azote (molécule N2O), communément désigné sous les vocables « gaz hilarant » » ou « proto », est un gaz incolore, utilisé à des fins alimentaires pour les siphons à chantilly mais aussi à des fins médicales ou vétérinaires, mélangé à de l’oxygène pour son action analgésique et antalgique lors de la réalisation de gestes médicaux douloureux. Ce produit n’est pas classé comme produit stupéfiant au sens légal, il constitue néanmoins une drogue au sens scientifique, dans la mesure où il s’agit d’une substance psychoactive qui modifie l’état d’esprit lorsqu’il est consommé. L’effet recherché étant une euphorie, un flottement et une distorsion sensorielle, ce produit pourrait être classé parmi les perturbateurs (au même titre que le cannabis ou le LSD) et considéré comme un hallucinogène. Bien qu’il ne soit pas classé stupéfiant et qu’il soit en vente libre, le protoxyde d’azote médical est inscrit, depuis le 17 août 2001, sur la liste 1 des substances vénéneuses et est soumis à une réglementation stricte.
Son effet fugace (qui s’estompe rapidement au bout de quelques dizaines de secondes) pousse les consommateurs à inhaler successivement, plusieurs ballons remplis de ce gaz, pour obtenir sur une longue durée, les mêmes effets. Ce produit en vente libre et accessible à toutes et tous, sans restriction d’âge, pour un coût très modeste (environ 40-50 centimes la capsule) en font un produit psychoactif de prédilection attractif, très convoité chez les jeunes.
Les risques immédiats de cette consommation sont une asphyxie ou une hypoxie par manque d’oxygène, des brûlures des voies respiratoires si le gaz est inhalé à trop basse température, des vertiges et des pertes de connaissance entraînant des chutes. A long terme, avec un usage abusif, très fréquent, à intervalles rapprochés et en quantité importante, des troubles neurologiques, psychiatriques, hématologiques et cardiaques peuvent survenir.

Au #Parlement, des députés du groupe insoumis et des sénateurs de l’#UDI ont déposés deux propositions de loi pour encadrer la vente de ce produit psychoactif détourné, en vue de protéger les mineurs. Le gouvernement actuel ne semble pas réagir à ce phénomène et semble ne pas prendre conscience de la menace qui pèse sur nos jeunes. Ces propositions de lois sont à ce jour restées lettres mortes. Une étude serait prévue pour l’automne 2021… Nous déplorons cette inertie du gouvernement, face à ce qui pourrait devenir un problème de santé publique majeur chez nos jeunes.
Mais face au silence du gouvernement sur le sujet, notre ville ne peut attendre que la majorité présidentielle réagisse, nous devons agir à notre niveau, ensemble (majorité et opposition), pour endiguer avec nos moyens ce fléau.

Comme à #Drancy ou à #Gennevilliers, une campagne d’information sous forme d’affichage, de plaquettes, de réunion ou d’intervention en milieu scolaire est possible, en particulier en partenariat avec le milieu associatif et dans le cadre du contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance.
Nous pensons qu’une action de prévention dès le plus jeune âge chez les enfants, permettra de les prémunir de certains comportements à risque dont celui de la consommation de produits psychoactifs.

Par ailleurs, une interdiction de la consommation et de la vente limitées dans le temps et dans l’espace public (aux abords des établissements scolaires, dans les parcs, sur les parkings) sont possibles, à l’instar de nombreuses villes (toutes sensibilités politiques confondues) comme #Bondy ou #Sevran qui ont pris des arrêtés dans ce sens.
Outre le risque sanitaire, la consommation sur la voie publique de ce gaz génère une quantité de déchets non négligeable qui se dégradent lentement et dont le ramassage est un travail pénible pour les employés municipaux.

Monsieur le Maire, la santé des #Nanterriens et des #Nanterriennes, en particulier des plus jeunes qui sont vulnérables est une priorité, nous le savons tout comme vous, par conséquent, quelles actions parmi celles que nous avons cité, comptez-vous mettre en place pour réduire la consommation de ce gaz nocif sur la voie publique ?

Je vous remercie.

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A propos Alexandre GUILLEMAUD

Président d'Aimer Nanterre, Président du groupe Aimer Nanterre au Conseil municipal de Nanterre, Conseiller territorial de l'EPT Paris Ouest La Défense, Vice-président régional délégué de l'UNLI Ile-de-France, Président de l'UNLI Nanterre, Ancien conseiller régional des jeunes d'Ile de France.

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